La défaite (2B)
Lundi 15 décembre 2008
Dans la première partie du roman, les personnages du récit tentent chacun à leur façon d’améliorer leur sort. Florentine est convaincue d’avoir trouvé l’homme qu’il lui faut et mise tout ce qu’elle a dans cet amour. Eugène s’enrôle dans l’armée, pensant y trouver sa voie. Jean se plonge éperdument dans son travail. Rose-Anna, qui en a assez de passer toutes ses journées à lutter pour leurs biens essentiels, saute sur n’importe quelle occasion pour trouver du travail à son mari. Azarius, quand à lui, trouve toujours des prétextes pour fuir la réalité de son quotidien. Mais plus on avance dans le roman et plus la quête des personnages semble inaccessible. Florentine n’est pour Jean qu’une courte distraction, mais continue de s’accrocher désespérément à lui. Bientôt, tous feront face à une réalité blessante. Des événements inattendus contribueront à accentuer le trouble de la famille dans les chapitres quinze et seize; l’amorcement de leur chute…
«Rose-Anna le regarda en silence pendant quelques secondes; et écoutait son propre cœur. Il y avait des instants où, violemment, Azarius la replongeait dans sa jeunesse » comme lorsqu’il lui avait appris qu’ils iraient voir sa parenté. Elle ne cessait dès lors de voir surgir, se recomposer, s’enchaîner les délices de son enfance. À l’aube, ils partirent pour la campagne. Dans la voiture, tous étaient paisibles et partageaient le plaisir d’être ensemble, échangeant peu de paroles. Attentive aux paysages qu’ils traversaient, Rose-Anna pensait à cette existence laissée derrière elle. Elle avait le souvenir d’une vie plus saine et plus gaie. Être pauvre à la campagne était endurable, le travail ne manquait pas, le milieu était moins pollué et on avait plus d’espace pour vivre. Mais elle avait jadis fui la campagne pour la ville, pensant y trouver plus de richesse et s’était trompée. En ville, la pauvreté qui les assaillait tous les jours causait leur mal de vivre et elle ne tenait pas à avoir des membres de sa famille comme témoins, car cette idée qu’on ne connaissait pas toute sa misère rendait moins grande sa peine. Ce séjour à la campagne lui permettrait de se ressourcer, de voir sa mère, ses frères et sœurs. Elle avait hâte d’arriver, impatiente de regarder les visages souriants de ses enfants lorsqu’ils s’amuseraient dans la neige. Elle les voyait déjà « se régaler de trempettes et de toques, douceurs toutes nouvelles pour eux. » Mais le choc du bonheur retrouvé s’estompa très vite. « Un coup rude lui vint de sa belle-sœur Réséda. En l’aidant à dévêtir les enfants, la jeune madame Laplante s’écria : – Mais ils sont bien pâles tes enfants, Rose-Anna! Leur donnes-tu de quoi manger au moins? » C’est alors qu’elle comprit soudain « comme sa joie était une chose frêle et vite menacée. » Elle contempla son fils et remarqua combien sa maigreur contrastait avec l’ainé de Réséda, « joufflu et rosé ». Une vive douleur lui tenailla les entrailles. Elle avait du mal à dissimuler sa souffrance et la masquer ne semblait guère faire disparaître le regard désapprobateur de sa mère. Désarmés, ils repartirent avec un sac de provisions que la mère de Rose-Anna, soucieuse, avait pris soin de leur donner.
La famille absente, Florentine en avait profité pour inviter Jean à la maison. Elle avait tout préparé pour bien l’accueillir. Dès son arrivée, elle s’était mise aux petits soins pour lui. Mais elle l’exaspérait avec toutes ses attentions. Il était mal à l’aise dans la maison de Florentine, car elle « lui rappelait ce qu’il avait par dessus tout redouté : l’odeur de la pauvreté, cette odeur implacable des vêtements pauvres, cette pauvreté qu’on reconnaît les yeux clos. » Tout son univers le dégoutait. Il lui rappelait la misère qu’il avait côtoyée à l’orphelinat, son enfance triste, son adolescence solitaire. La plaie qu’il pensait cicatrisée s’était rouverte. Emporté par ses souvenirs douloureux, il viole Florentine.
La première moitié du roman se termine sur une note grave; retentissante, qui résonnera encore longtemps dans la tête des personnages.
Bonjour,
Merci à l’admin de ce blog de faire passer l’info à Rebecca escarbelt à défaut de publier mon message :
je recherche Hélène Escarbelt désespéremment, Rebecca ne seriez vous pas sa fille ? si oui ce serait super sympa de m’envoyer son adresse mail ! la mienne est fcrevol@free.fr….nous étions en angleterre ensemble hélène et moi !
christine REVOL nom de jeune fille ARLOT